Subscribe_on_iTunes_Badge_FR 164 x 60

[divider line_type="No Line" custom_height="32"][divider line_type="No Line" custom_height="32"]

Un genou à terre 164

[divider line_type="No Line" custom_height="32"]

le dompteur de pluie 164

[divider line_type="No Line" custom_height="32"]

Wendall Utroi nous raconte comment une mission à Kaboul l’a mené à écrire Un genou à terre, un polar atypique… Et comment la demande pressante d’une de ses filles l’a conduit à aborder un nouveau genre littéraire pour Le dompteur de pluie, son second roman.

[divider line_type="No Line" custom_height="32"]

Transcription de l’entretien

Cécile Chabot : Bonjour, pour ce septième épisode de Pourquoi j’écris, je reçois aujourd’hui Wendall Utroi, auteur d’Un genou à terre, un roman policier qui sort des clichés habituels et dont le second roman, Le dompteur de pluie -un fantasy- vient de paraître. Vous pouvez retrouver Wendall sur Twitter ainsi que sur sa page Facebook. Vous pouvez lire quelques-unes de ses nouvelles ou des articles qu’il a écrits sur son blog. Wendall, bonjour.

Wendall Utroi : Bonjour Cécile et bonjour aux auditeurs de ton podcast.

Cécile Chabot : Wendall, ton roman policier, Un genou à terre, est ton premier roman. Explique-nous, qu’est-ce qui t’a poussé à l’écrire ?

Wendall Utroi : En fait, ce premier roman est un petit peu un concours de circonstances. Je n’avais jamais réellement pensé à écrire un roman. J’écrivais beaucoup de petites nouvelles, des articles, des critiques, mais le roman en lui-même ne m’était pas venu à l’idée. Et ce concours de circonstances s’est déroulé dans un pays étranger, exactement en Afghanistan, à Kaboul. Je me suis retrouvé dans une situation que j’ignorais. Je suis fonctionnaire de police et je suis parti en mission là-bas, volontairement bien entendu, je rassure les auditeurs. Il se trouve qu’une fois là-bas, à Kaboul, les premières semaines ont été un peu particulières. J’ai eu des moments de solitude qui ont été assez difficiles à traverser, je dois l’avouer aujourd’hui, surtout en début de mission. Ça s’est complètement estompé ensuite. Et je me suis retourné vers une nouvelle que j’avais commencée et qui était un peu plus longue que les autres. Et mon premier roman a pris vie en 2009. Après un an de mission là-bas, j’ai un peu laissé tomber le roman lui-même après trois ou quatre chapitres parce que j’étais hyper pris par la mission et puis cette période de solitude de début de mission étant passée, et quelques années plus tard, en 2012 exactement, je suis reparti dans une deuxième mission dans les Balkans, exactement au Kosovo. Je me suis retrouvé devant la même situation de début de mission où il faut se créer un cercle d’amis, où il faut créer son cercle de relations. Mais toujours dans ces moments de solitude, je suis naturellement revenu vers mon roman et là, cette fois-là, je l’ai terminé.

Cécile Chabot : Donc, en fait, ce sont des périodes de rupture du quotidien qui t’ont poussé à écrire ?

Wendall Utroi : Oui, on peut dire ça. C’est-à-dire qu’auparavant j’écrivais, mais des choses assez courtes, parce qu’effectivement mon quotidien ne me permettait pas de m’investir peut-être sur des durées plus longues, sur du travail plus long. Surtout qu’à l’époque mes enfants étaient encore assez jeunes, bien qu’ils étaient assez grands pour que je puisse partir en mission, et effectivement, oui, on peut dire ça.

Cécile Chabot : Tu parles de la durée d’écriture de ton roman. Évidemment, celui-ci tu l’as écrit sur deux périodes différentes mais dans l’ensemble, combien de temps est-ce que cela t’a pris de temps d’écriture ?

Wendall Utroi : C’est une très bonne question mais pas simple à répondre dans le sens où ça s’est passé en deux périodes. Je dirais que la première période a duré un bon mois, un bon mois et demi, et la seconde qui m’a permis de reprendre l’écriture a été également d’un mois, un mois et demi. Ensuite j’ai vraiment trouvé un plaisir immense dans l’écriture de ce roman. Il était avancé et je voulais vraiment le finir. Je dirais à peu près de l’ordre de sept, huit mois au total.

Cécile Chabot : Est-ce que tu penses avec le recul que le fait d’avoir eu cette période d’interruption entre le début de l’écriture et la fin, la seconde période, d’écriture; est-ce que cette période d’interruption a été bénéfique ?

Wendall Utroi : Oui, tout à fait. C’est également une bonne question, mais effectivement parce que le fait de laisser décanter, mais quand je dis décanter, c’était presque d’avoir oublié un peu ces quatre premiers chapitres, m’a permis de revoir. L’état d’âme dans lequel j’étais quand j’ai débuté l’écriture de ce roman n’était pas du tout le même que lorsque je me suis retrouvé au Kosovo pour faire une reprise d’écriture. Et, effectivement, ça se sent, je pense d’ailleurs, dans le roman, ça m’a donné un bien fou dans l’écriture même parce que je me suis rendu compte que mon état d’âme pouvait jouer sur mon écriture. Et de ce fait-là, la suite de l’écriture est bien plus légère et bien plus ouverte et beaucoup moins empreinte de mes états d’âme et beaucoup plus axée sur l’intrique et sur le suspense.

Cécile Chabot : Donc tes états d’âme influent directement sur ton écriture, et est-ce que tu penses aussi que ton style a évolué dans cet intervalle ?

Wendall Utroi : Oui, même si avec le recul maintenant, comme un premier roman, si j’avais à le réécrire maintenant, je crois que je le réécrirais différemment parce que c’est vraiment, on va dire… on peut pêcher un peu par défaut. C’est-à-dire que le premier roman n’est jamais celui qu’on voudrait réellement écrire finalement. L’histoire, je crois qu’elle est bonne, j’en suis même persuadé, sinon le roman n’aurait pas fonctionné. Mais c’est vrai, qu’avec le recul, je crois que je l’aurais écrit différemment et effectivement, oui, il y a une évolution entre la première partie et la deuxième et je crois une évolution un peu plus poussée pour le deuxième roman.

Cécile Chabot : Tu nous as dit une phrase qui m’a frappée en tant qu’écrivain : on n’écrit jamais le roman qu’on souhaiterait écrire. Est-ce que tu as cette sensation, à chaque fois que tu as écrit un roman, puisque maintenant tu viens de sortir ton deuxième, cette sensation d’insatisfaction face à ce que tu as produit au final ?

Wendall Utroi : Oui. Après, je ne sais pas. Je te connais, je connais d’autres auteurs depuis peu, c’est vrai qu’on a pas mal échangé, c’est vrai que j’ai cette impression constante où je me dis, voilà, ce point-là, je pourrais l’améliorer. Ou alors, c’est trop fort. Ou il y a trop de rebondissements. Ou alors, il n’y en a pas assez. C’est vrai que je suis en perpétuel questionnement. Et je crois qu’il n’y a pas de roman parfait parce qu’il y a toujours des points sur lesquels on voudrait revenir. Et à un moment il faut s’arrêter. C’est vrai que ce n’est pas facile.

Cécile Chabot : Ce n’est pas facile. Et donc pour le second, comment as-tu procédé ?

Wendall Utroi : Le second a été bizarrement beaucoup plus facile, parce que c’était une demande d’une de mes filles qui, après avoir lu et apprécié et vraiment aimé le premier roman, m’avait dit “Papa, ce serait super si tu pouvais m’écrire un truc fantasy comme Le seigneur des anneaux. Tout de suite les titres phares, on va dire. Je lui ai bien fait comprendre que c’était quelque chose d’impossible. Mais malgré mon opposition, elle a insisté et m’a dit “Si, je voudrais vraiment que tu m’écrives un truc fantasy”. Et je n’ai pas pu résister comme papa gâteau que je suis. Et finalement, je me suis lancé dans cette écriture et après quelques pages, je suis parti un peu dans le néant en fait, j’ai laissé un peu glisser la plume, le clavier on va dire, et après quelques pages, je me suis surpris à carrément pouvoir visionner un monde totalement imaginaire et j’y ai pris un goût franchement exceptionnel. Franchement un goût énorme, dans le sens où la liberté est quasiment presque totale. Voilà, en fait ma méthode a été toute simple. Réalisant que l’imagination était l’élément dominant de mon écriture, je me suis vraiment laissé aller, je me suis laissé conduire par l’écriture.

Cécile Chabot : Et donc si je comprends bien, tu n’es pas de ces auteurs qui structurent leur récit à l’avance, avec des plans, des découpages en scènes; ce n’est pas ton style ?

Wendall Utroi : Non, vraiment pas du tout. C’est quelque chose au niveau professionnel que je connais. Je suis vraiment quelqu’un de très cartésien qui aime bien s’organiser dans sa vie privée, dans son travail. Mais dans l’écriture, c’est quelque chose que je pense que j’aurais du mal, d’une à l’appliquer pour l’écriture, mais il y a un autre point qui revient régulièrement quand j’écris, c’est qu’en fait je prends plaisir à découvrir l’histoire, je prends plaisir à faire évoluer les personnages sans vraiment savoir exactement où l’histoire va me conduire. Ce qui fait que je vais de surprise en surprise. Et ce qui semble peut-être un peu présomptueux, lorsque je me surprends, j’ai vraiment l’impression que je vais également surprendre le lecteur, ce qui fait que j’ai un réel plaisir et presque une addiction. D’ailleurs, j’ai attaqué la suite de mon roman fantasy, parce que j’ai envie de savoir où ça va. J’ai envie de découvrir, et je le découvre presque comme un lecteur.

Cécile Chabot : Et donc pour toi, c’est un élément essentiel du plaisir d’écrire ?

Wendall Utroi : Oui, tout à fait, parce que ça me permet de m’évader, ça me sort du monde et des tracas quotidiens que tout le monde peut connaître dans sa vie, que ce soit le stress du travail, ou le stress des informations nationales, ou peu importent les choses qu’on peut avoir dans sa vie, et puis ça me permet de m’évader. C’est tout aussi intéressant que de plonger dans un livre et d’être complètement absorbé par ce livre et d’oublier un peu la montre, l’heure qui passe. Je suis quasiment dans ce stade-là.

Cécile Chabot : Et bien merci Wendall. L’entretien arrive bientôt à sa fin, est-ce que tu aurais encore quelque chose que tu voudrais ajouter pour nos auditeurs ?

Wendall Utroi : Oui. Je te remercie Cécile d’abord, et je voudrais encourager les gens à écrire, pourquoi pas. Je pense que beaucoup de personnes qui aiment lire sont souvent des auteurs qui se cachent. Je les encourage à découvrir mes romans, pourquoi pas le second, le fantasy qui je crois va sortir d’une sorte de cliché qu’on peut avoir habituellement des dragons ou de choses comme ça. Voilà.

Cécile Chabot : Merci beaucoup. Vous pouvez retrouver cet entretien sur I-tunes, sur Soundcloud maintenant, et aussi sur mon blog : cecilechabot.com où en plus vous retrouvez la transcription intégrale de l’interview. Merci Wendall de nous avoir accordé cet entretien et à la semaine prochaine. Au revoir.

Wendall Utroi : Merci Cécile et merci à tes auditeurs. Au revoir.


[wpcb id=”1″]