[vc_row][vc_column width=”1/1″][vc_column_text][/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column width=”1/4″ animation=”none” column_padding=”no-extra-padding” column_padding_position=”top-bottom” background_color_opacity=”1″][vc_column_text]Subscribe_on_iTunes_Badge_FR 164 x 60
[/vc_column_text][divider line_type=”No Line” custom_height=”32″][vc_column_text]Laurent Bettoni 164 x 164
Laurent Bettoni
France
Littérature générale
[icon color=”Accent-Color” size=”tiny” image=”fa-globe”] [icon color=”Accent-Color” size=”tiny” image=”fa-twitter”] [icon color=”Accent-Color” size=”tiny” image=”fa-facebook”][/vc_column_text][divider line_type=”No Line” custom_height=”32″][vc_column_text]MAUVAIS GARCON 164[/vc_column_text][divider line_type=”No Line” custom_height=”32″][vc_column_text]corps terrestres 164[/vc_column_text][divider line_type=”No Line” custom_height=”32″][vc_column_text]ecran total 164[/vc_column_text][/vc_column][vc_column width=”3/4″ animation=”none” column_padding=”no-extra-padding” column_padding_position=”bottom” background_color_opacity=”1″][vc_column_text]Laurent Bettoni, auteur de Mauvais garçon (Don Quichotte), Ma place au paradis (Robert Laffont), Écran total (édition indé puis réédition La Bourdonnaye), évoque les lectures qui lui ont donné le goût de l’écriture.[/vc_column_text][divider line_type=”No Line” custom_height=”32″][vc_column_text]

Transcription de l’entretien

Cécile Chabot : Bonjour. Pour ce sixième épisode de Pourquoi j’écris, je reçois Laurent Bettoni. Comment présenter Laurent Bettoni ? C’est d’abord un auteur prolifique puisqu’il a déjà publié de nombreux romans, dont Ma place au paradis chez Robert Laffont, Écran total, d’abord édité en auto-éditeur puis réédité par La Bourdonnaye, la série Les Costello publiée elle aussi chez La Bourdonnaye, finalement Mauvais garçon, son dernier roman chez Don Quichotte. Donc Laurent Bettoni est un auteur, il est sociétaire de la SACEM, chroniqueur littéraire et aussi responsable éditorial aux éditions La Bourdonnaye. Laurent, bonjour.

Laurent Bettoni : Bonjour Cécile et bonjour aux auditeurs.

Cécile Chabot : Merci de nous avoir rejoints Laurent et de répondre à cette question fondamentale : qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ?

Laurent Bettoni : Au départ, ce sont mes lectures de jeunesse. J’ai commencé à lire des romans très, très tôt et ceux que je lisais m’ont immédiatement plu, ils me racontaient des histoires qui m’emportaient dans d’autres univers, dans d’autres mondes. Alors c’est des lectures comme…, j’ai démarré par Marcel Pagnol, André Dhôtel, Gilbert Cesbron ; ça ne parle peut-être plus aux jeunes lecteurs maintenant parce que ce sont des auteurs d’une certaine époque. Mes classiques à moi, ce n’était pas tellement Victor Hugo, ni Alexandre Dumas, ni tous ceux qu’on nous faisait lire à l’école. Assez rapidement malgré tout, j’ai commencé à lire aussi du théâtre, Shakespeare, Molière, et voilà, ce sont toutes ces lectures de jeunesse, Robert Sabatier aussi évidemment, et donc ce sont toutes ces lectures de jeunesse qui m’ont donné envie d’écrire parce que les sentiments et les émotions que je ressentais à la lecture de ces livres-là, j’ai eu assez tôt envie moi-même de les procurer à d’autres lecteurs. C’était quelque chose, l’écriture, au départ qui était motivée par le partage et ces grandes sensations-là que j’ai éprouvées à la lecture de mes auteurs de jeunesse, j’ai voulu les transmettre à mon tour à d’autres lecteurs, à mes lecteurs, à ceux que j’arriverais à faire devenir mes lecteurs, voilà.

Cécile Chabot : Et donc tu as commencé à lire très jeune, est-ce que tu as aussi commencé à écrire très jeune ?

Laurent Bettoni : J’ai commencé à écrire très tôt, tant mieux. Comme tu sais, quand on est jeune, on ne doute de rien. Dès que j’ai commencé à lire mes « romans de jeunesse », comme je les appelle, je me suis tout de suite senti capable, comme mes auteurs fétiches évidemment, alors je m’y suis mis, tant mieux, sans complexe. Maintenant, ça a beaucoup changé,. Mais à l’époque où j’ai commencé à écrire, je devais avoir sept ou huit ans, quelque chose comme ça. Donc, j’ai commencé à écrire mes premiers récits, mes petits contes, mes petites histoires de cow-boys, de princes charmants, de princesses, etc., en me disant que moi aussi j’étais capable de faire comme mes auteurs, et c’est ce qui m’a permis finalement d’être complètement décomplexé au départ et de me lancer dans l’écriture, comme ça, sans aucune honte. Et je faisais lire ce que j’écrivais, évidemment. Dans un premier temps à mes amis, à mes proches, à la famille, un tout petit peu plus tard à mes enseignants, instituteurs ou professeurs de collège, puis de lycée plus tard. Et c’est devant les encouragements répétés de ces gens-là, plus de mes professeurs que de mes proches parce que peut-être que les gens de ma famille et mes amis étaient moins objectifs que mes professeurs, mais devant les encouragements répétés en tout cas de mes amis et surtout de mes enseignants, j’ai eu l’idée, le courage, l’envie un jour, alors que là pour le coup les complexes et l’appréhension étaient venus, j’ai eu l’envie et l’idée de soumettre mes textes à la lecture d’éditeurs professionnels.

Cécile Chabot : Et est-ce que tu as fait des études de littérature ?

Laurent Bettoni : Absolument pas. Je suis un petit peu un OVNI, mais je me rends compte qu’il y a beaucoup de gens qui ont le cursus que j’ai. C’est-à-dire que moi, je suis un scientifique de formation, j’ai fait de la biochimie, je m’orientais tout doucettement vers la recherche fondamentale en rétro-virologie exactement, mais en revanche, comme j’écrivais depuis que j’étais tout petit, pour moi ce n’était pas tellement nécessaire de faire des études de littérature puisque la littérature, j’en faisais depuis que j’avais sept ans. Alors j’ai fait ce qui me plaisait aussi beaucoup, c’est les sciences. Et paradoxalement les sciences ont servi mon écriture parce qu’elles m’ont ouvert l’esprit, elles m’ont appris à être curieux, à être observateur, et le premier livre que j’ai écrit, il y a une grande part d’observation, j’observe le monde, j’observe les gens sans le leur dire forcément pour ne pas qu’ils soient mal à l’aise à mon contact. Je suis un grand observateur du monde et des gens qui m’entourent et évidemment le résultat de mes observations me sert après, soit dans mes histoires, soit surtout dans la composition de mes personnages.

Cécile Chabot : Et donc tu t’es mis à écrire très tôt, tu as je suppose évolué dans le type de récits que tu écrivais. À partir de quand t’es-tu dit, ce texte-ci je pourrais le proposer à un éditeur ?

Laurent Bettoni : J’étais assez jeune aussi, j’avais… j’étais entre mes 17 ans et mes dix-huit ans. C’était l’année de mon bac, je m’en souviendrai toujours. Après l’obtention de mon bac en 1986, je suis un vieux monsieur, pendant les congés scolaires, avant de rentrer en fac de sciences, j’avais une idée de roman très, très précise en tête et je l’ai écrite en fait entre le moment où j’ai eu le bac, je crois que c’est juin, et le moment de la rentrée en fac qui devait être octobre. J’ai écrit ce premier roman que je trouvais montrable et que j’ai montré donc, que j’ai envoyé à toutes les maisons d’édition et là j’ai commencé à avoir mes premières désillusions, parce que soit je n’ai pas eu de réponse, soit j’obtenais des réponses types qui me montraient que clairement les prétendus lecteurs n’avaient pas lu le livre, et j’ai commencé un peu à me colleter, si tu veux, à la réalité du monde éditorial.

Cécile Chabot : Ça c’est la suite de ton parcours qui t’a mené, je suppose, à l’auto-édition ?

Laurent Bettoni : Pas exactement. C’est-à-dire qu’au départ l’auto-édition n’existait pas, tu sais, moi j’ai commencé à m’auto-éditer en 2012, donc c’est assez récent mais c’est un âge quasi préhistorique maintenant parce que les choses évoluent tellement vite sur Internet que déjà 2012, je suis un des papis de l’auto-édition en France. Là, je te parle d’un temps qui est de 1986, donc premier roman en 1986. J’ai quand même continué, je n’ai pas baissé les bras tout de suite, mais l’auto-édition, l’auto-publication n’existait pas à l’époque, j’ai continué à écrire malgré tout des romans, jusqu’en 2005, année au cours de laquelle un de mes amis libraires travaillait avec un libraire formidable qui s’appelait Laurent Bonelli, je le dis au passé parce qu’il est décédé malheureusement. Laurent Bonelli était un très, très grand libraire, il dirigeait la maison Virgin qui était sur les Champs Elysées, et il chroniquait en même temps à l’époque aux côtés de Michel Field sur la Cinq pour « File dans ta chambre » et il chroniquait aussi sur Europe 1, avec Michel Field. Je crois qu’il avait aussi des papiers dans Paris Match, c’était vraiment un libraire très actif qui était aussi un chroniqueur littéraire et qui était éditeur indépendant pour les éditions Robert Laffont. J’avais la chance d’avoir un ami à l’époque qui était libraire, qui était un des libraires de Laurent Bonelli, et qui lui a un jour transmis le manuscrit de Ma place au paradis, parce que lui-même l’avait adoré. Il m’a dit, je le lui transmets, non pas parce que tu es un ami à moi, parce que des amis qui écrivent, j’en ai plein et des manuscrits, j’en ai refusé plein. Il m’a dit, vraiment ton manuscrit tient la route. Il a pris ce manuscrit sous son bras, l’a fait lire à Laurent Bonelli qui m’a appelé trois ou quatre jours après en me disant écoutez, j’ai une proposition à vous faire, d’abord votre manuscrit m’a plu énormément et si vous le voulez bien, je le transmets à Robert Laffont. Evidemment, j’ai dit oui,  je voulais bien. Et en moins d’une semaine, le manuscrit était pris chez Robert Laffont. Il était, je dois être tout à fait honnête, il était en lecture en parallèle chez Albin Michel auprès de Claire Delannoy qui avait adoré, mais qui à l’époque fonctionnait avec un comité de lecture de onze membres et c’est impossible de signer quoi que ce soit quand on a un comité de lecture de onze membres, parce que le temps que les onze membres lisent d’abord le livre, il faut compter des mois. Et le temps d’obtenir une majorité absolue, c’est quasiment impossible. Donc là le livre était en lecture chez Albin Michel, il plaisait beaucoup à Claire Delannoy mais il y avait les dix autres lecteurs, et les gens chez Robert Laffont ont été les plus rapides, les plus enthousiastes tout de suite. Et j’ai signé chez eux tout de suite, donc ça c’était en 2005. Malheureusement, Laurent Bonelli est décédé quelques mois après la parution de ce livre et la nouvelle équipe en place qui m’a « récupéré » n’aimait pas ce que je faisais, en tout cas était moins enthousiaste pour mes écrits que Laurent pouvait l’être et donc voilà, on m’a fait comprendre sans vraiment me le dire, que mes écrits n’étaient plus les bienvenus chez Robert Laffont, ça a pris du temps, ça a pris des années quand même puisque j’étais sous contrat et je devais trois manuscrits à Robert Laffont que j’ai faits : j’ai fait mon job, j’ai fait les trois manuscrits qui successivement étaient refusés. D’ailleurs le troisième, je suppose qu’il a été refusé puisque je n’ai jamais obtenu de réponse de leur part. Et c’est là qu’effectivement en 2012, j’ai tenté l’aventure de l’auto-publication avec un roman, le troisième roman que j’avais proposé à Robert Laffont, qui s’appelle Écran total, qui a eu un succès quasi immédiat en auto-publication et qui m’a valu une réédition, c’est assez rigolo d’ailleurs, deux ans plus tard chez La Bourdonnaye, et ce roman maintenant a une deuxième vie en édition classique chez La Bourdonnaye, voilà. Entre le moment où j’ai été publié chez un éditeur professionnel en 2005 et le moment où j’ai tenté l’aventure de l’auto-publication en 2012, il s’est donc écoulé sept ans et bizarrement, d’une manière très, très ironique, ce sont les 2 succès que j’ai eus en auto-publication avec Ecran total et Les corps terrestres, qui m’ont valu d’être remis en lumière et de ré intéresser les gens de l’édition traditionnelle. Si bien que je suis publié maintenant chez trois éditeurs dits traditionnels, Don Quichotte, qui est une marque du Seuil, Marabout qui est une marque des éditions Hachette, et La Bourdonnaye qui est une marque propre, qui est La Bourdonnaye.

Cécile Chabot : Donc ton parcours est un parcours assez long, que ce soit en termes d’écriture et même de publication, tu as donc pu expérimenter l’auto-édition, l’édition chez un grand éditeur classique ou les difficultés à se faire éditer par un grand éditeur classique, et puis maintenant l’édition avec un éditeur plus récent, plus jeune comme La Bourdonnaye. Tu as donc un point de vue sur le monde de l’édition très large. Qu’est-ce qui pour toi te semble le problème actuel de l’édition en France ?

Laurent Bettoni : Dans l’édition dite traditionnelle, je dirais que le principal problème, c’est la consanguinité. C’est un milieu sclérosé à mon sens, où on est entre soi, où on est entre gens, où on ne fait plus, à mon avis, peut-être que les gens diront que je me trompe, mais enfin j’ai une assez bonne expérience maintenant, où dans l’essentiel des prétendues grandes maisons, on ne fait plus le travail de découverte. Je crois que c’est le travail de base d’un éditeur, c’est-à-dire qu’en gros on ne va pas s’embêter, on ne va pas prendre un risque, on ne va pas miser sur un auteur pas connu du tout, qui sort réellement de nulle part, parce qu’on est tellement préoccupé par garder sa place, qu’on ne veut surtout pas faire la bêtise de miser et de perdre de l’argent sur un auteur et sur un livre qu’il ne va pas vendre. C’est ça la triste réalité des éditeurs dans la plupart des grandes maisons. J’ai la chance d’être publié dans des maisons d’édition dites traditionnelles, où je me sens bien ; chez Marabout, je suis très bien, je n’ai pas le sentiment qu’il y a encore ça. Chez La Bourdonnaye, que j’ai rejoint, d’ailleurs je suis maintenant directeur éditorial dans cette maison d’édition, il n’y a pas ce problème-là non plus. Donc c’est encore agréable de voir que certaines maisons d’édition dites traditionnelles font le métier.

Cécile Chabot : Eh bien, merci Laurent. Dis-nous, est-ce qu’il y a encore quelque chose que tu voudrais ajouter pour nos auditeurs ?

Laurent Bettoni : Non, si ce n’est que j’ai passé un très bon moment d’interview avec toi, et que j’espère que les auditeurs se régaleront autant que nous.

Cécile Chabot : Vous retrouverez la transcription complète de cet entretien sur mon site Internet cecilechabot.com et vous pouvez aussi retrouver le dernier livre de Laurent Bettoni, Mauvais garçon, chez tous les libraires physiques ou en ligne. A bientôt et merci beaucoup Laurent. Au revoir.

Laurent Bettoni : Au revoir.

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