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Charlie Bregman est un auteur de fiction et de non fiction. Son premier roman Vivement l’amour a été rédigé de manière un peu particulière puisqu’il a d’abord été publié sous forme d’articles de blog. Il nous raconte comment il est passé d’un type d’écriture à l’autre… et l’importance du retour des lecteurs sur son processus d’écriture. Charlie Bregman a aussi publié plusieurs nouvelles à chute.

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Transcription de l’entretien

Cécile Chabot : Bonjour. Pour ce neuvième épisode de Pourquoi j’écris, je reçois aujourd’hui Charlie Bregman. Charlie Bregman est un auteur de fiction et de non-fiction. Dans le domaine de la fiction, il a déjà écrit un roman de type humoristique, Vivement l’amour, et plusieurs nouvelles à chute. Dans le domaine de la non-fiction, il s’intéresse particulièrement au développement personnel et à aider les auteurs auto-édités à publier leur premier livre. Vous pouvez retrouver Charlie Bregman sur les réseaux sociaux et sur son site internet charlie-bregman.iggybook.com. Bonjour Charlie.

Charlie Bregman : Bonjour Cécile.

Cécile Chabot : Alors, dis-nous Charlie, comment es-tu venu à l’écriture ?

Charlie Bregman : Alors, je suis venu à l’écriture très lentement, je pense. J’ai pris tout mon temps, j’ai toujours aimé écrire, j’écris depuis l’âge de treize ans, par contre j’avais une écriture tournée vers la rétrospection pendant très, très longtemps, quand j’étais ado évidemment, avec un journal intime, des textes vraiment portés sur la philo, sur des questionnements philosophiques, des interrogations auxquelles je n’avais pas de réponses. Ça a duré très, très longtemps. J’ai été très, très long pour me trouver et j’ai commencé à vraiment devenir un auteur au moment où j’ai décidé de publier mes premiers textes sur un blog en les partageant avec d’autres personnes. C’est là où j’ai commencé à écrire pour les autres et non pas pour moi.

Cécile Chabot : Est-ce que cela voudrait dire que pour toi, la définition de l’écrivain, c’est celui qui écrit pour être lu par d’autres ?

Charlie Bregman : Oui, on écrit pour être lu par d’autres personnes. Je pense qu’on écrit pour partager ce qu’on ressent, partager des expériences, partager des émotions, partager notre vision des choses, du monde. Après, ce travail-là, il n’est forcément possible qu’après avoir fait une première étape qui va être un travail plus personnel, un travail d’introspection qui chez moi a été très long.

Cécile Chabot : Et donc est-ce que tu peux nous parler un peu plus en détails de ce premier roman, Vivement l’amour ?

Charlie Bregman : Vivement l’amour, c’est un livre que j’ai écrit, j’ai commencé à écrire ce livre sur un blog en 2006, j’avais trente-cinq ans, ça a mis un certain temps puisque j’écrivais depuis l’âge de treize ans, mais à un moment donné, j’avais une vie qui était un peu routinière, je m’ennuyais dans cette vie. Je pense que dans ma vie, je n’ai pas forcément fait des bons choix, j’ai fait des choix par rapport aux autres, mais pas par rapport à ce que j’aurais dû faire, par rapport à mes propres convictions. C’était très long pour que je m’en rende compte, mais en 2006, j’ai eu besoin de partager ce que j’avais en moi, ce que je n’arrivais pas forcément à partager dans la vie réelle, et je l’ai fait derrière un masque, derrière le masque de Charlie, mais paradoxalement, c’est derrière ce masque que j’ai été le plus vrai finalement et le plus en harmonie avec la personne que j’étais. Donc j’ai commencé à publier sur un blog, en partenariat avec un illustrateur, épisode par épisode, tout le premier jet de ce roman qui s’appelait à l’époque Les impatiences amoureuses qui sont devenues Vivement l’amour. Ça a duré un an et demi, on avait rendez-vous avec les lecteurs deux à trois fois par semaine, et ce sont les lecteurs qui nous ont encouragés à aller plus loin. Ils réagissaient des fois sur certaines parties du texte, en apportant leur expérience personnelle, ce qu’ils avaient vécu pendant leur adolescence, parce que c’est un livre qui traite de cette période-là. C’est donc en partageant, en échangeant avec eux, régulièrement comme ça, que le livre a pris forme, et ce sont les plus fidèles lecteurs du blog qui ont encouragé à en faire un livre. C’est devenu un livre après un long travail de réécriture qui a duré quand même cinq ans, parce que j’avais d’autres choses à faire en parallèle. Le livre est sorti en 2011, voilà.

Cécile Chabot : D’accord. Ce qui est intéressant dans ce que tu nous racontes, c’est la technique d’écriture même. Si je comprends bien, il s’agissait d’abord de billets probablement assez courts, qui se sont succédés à un rythme régulier. Est-ce que tu as vu une transition dans le style d’écriture pendant justement la période de publication de ces premiers articles de blog ?

Charlie Bregman : Dans mon style personnel, effectivement, ce rapport aux autres et cette façon de travailler, avec un regard quasiment permanent sur le texte, m’a fait complètement évoluer vers un style vraiment plus naturel, parce que pendant très longtemps j’ai cherché à faire, si on peut dire, des belles phrases, j’avais une  certaine idée de ce que devait être un texte, certainement des idées qui proviennent de ce que nous apprennent les professeurs à l’école. Je pense que ça, c’était plus que des barrières pour l’écriture, et le fait d’être confronté en permanence avec les lecteurs, avec leur regard qui venait sans arrêt sur ce que j’écrivais, et avec leurs réactions au travers de leurs commentaires, a fait que j’ai pris un style qui s’est adapté finalement à leurs attentes. Donc il y a eu beaucoup plus d’humour que ce qui était prévu au tout départ, je me suis rendu compte que c’est ce qu’ils attendaient finalement. On était dans une période de crise, il y avait une morosité ambiante, et je pense que ça faisait vraiment du bien à tout le monde, et même à moi d’ailleurs, de retrouver un personnage qui se posait des questions, parce que c’est une période d’adolescence, forcément on est confronté à des questions existentielles, des interrogations un peu spéciales et délicates, mais c’était intéressant de le traiter avec le recul que j’avais, moi, à l’âge de trente-cinq ans, et d’apporter à travers ce recul une certaine touche d’humour, une certaine touche d’auto-dérision, puisque c’est un personnage qui est tiré au tout départ du personnage que j’étais, mais qui est vraiment un double. Ce n’est pas ma vie que je raconte dans ce roman, c’est une vie sublimée, on va dire, une autre vie, une vie que j’aurais aimé avoir, voilà.

Cécile Chabot : Et donc en fait, pour toi, ce processus d’écriture en public, avec ce regard des lecteurs très rapide, a été un formidable accélérateur ?

Charlie Bregman : Ça a été génial.  Je pense que je leur dois énormément, ça c’est clair. Je dois énormément aussi à celui qui a travaillé avec moi, qui travaillait sur les dessins, qui s’appelle Gilbert, on a travaillé ensemble pendant un an et demi, et c’est vrai que même par rapport à ses dessins, ça pourrait donner une direction au texte qui n’était pas forcément prévue dès le départ. C’est vrai que c’est un livre qui s’est écrit au fur et à mesure, épisode par épisode. À chaque fin d’épisode, il fallait que les gens reviennent, aient envie de revenir, il fallait trouver quelque chose, pas forcément de l’ordre du suspense, mais on n’était pas dans un roman policier, mais il fallait quand même donner envie au lecteur de revenir, lui provoquer une espèce d’addiction. C’était vraiment génial de travailler avec les lecteurs et avec cet illustrateur.

Cécile Chabot : D’accord, et donc cette première période a été suivie d’une période de réécriture pour la publication. Qu’est-ce qui a changé à ce moment-là ?

Charlie Bregman : Pendant la réécriture, il a fallu retravailler tout le texte parce que ça a été un texte qui a été écrit assez rapidement. Il fallait fournir deux à trois épisodes par semaine, il fallait tenir le rythme, et c’était fait dans une logique de narration au niveau action, mais pas forcément au niveau du style. C’est-à-dire que le style n’était pas travaillé. Le style avait beaucoup de lacunes, il y avait énormément de mots à changer, de répétitions aussi, donc ça a été un long travail.

Cécile Chabot : Et donc en fait, si je comprends bien, tu as travaillé sur le style. Est-ce que tu as travaillé sur le style billet par billet mais aussi pour uniformiser l’ensemble ?

Charlie Bregman : Oui, j’ai travaillé vraiment sur l’ensemble. Il y avait quand même une cohérence au niveau du style sur le blog qui existait, au niveau de l’humour. Mais j’avais tendance à écrire des phrases très longues. Je me suis rendu compte qu’il y avait un gros travail à faire sur le vocabulaire. On peut dire les mêmes choses avec un vocabulaire plus précis, c’est-à-dire que je suis passé d’un roman qui faisait quasiment 650 pages à un roman de 440 pages mais sans rien changer. J’ai juste retravaillé mon style. Je n’ai rien enlevé à l’histoire d’origine, mais j’ai vraiment fait l’effort de formuler les choses d’une meilleure façon.

Cécile Chabot : D’accord. Et maintenant, tu as aussi écrit des nouvelles, parle-nous de celles-ci. Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire justement des nouvelles à chute ?

Charlie Bregman : Les nouvelles à chute, c’est quelque chose d’assez récent. J’ai découvert un recueil de nouvelles à chute d’une auteure qui s’appelle Bénédicte Rouvreau, il n’y a pas longtemps, c’était l’automne dernier, et j’ai adoré son style et sa manière de traiter toutes les chutes. N se régalait à chaque nouvelle, et je me suis dit que c’était un très, très bon format pour le format numérique, parce qu’il y a beaucoup de lecteurs qui viennent à la lecture, ou qui reviennent à la lecture, grâce au format numérique. Ils peuvent trouver dans le format numérique des formats plus courts, et c’est vrai qu’ils lisent parfois sur Smartphone, donc ils n’ont pas forcément envie de lire des romans de 440 pages, par exemple, mais lire quelque chose qui fait quinze, vingt pages, qui va durer, je ne sais pas, dix, quinze, vingt minutes, trente minutes maximum, ça correspond vraiment à une attente aujourd’hui. Donc, j’ai redécouvert ce plaisir d’écrire des textes plus courts, et c’est un autre travail. C’est un travail où on n’a pas le droit à l’erreur. Il faut que les lecteurs soient captivés du début à la fin, et surtout, il faut qu’ils ne soient pas déçus à la fin. C’est donc un vrai défi, et je trouve ça très, très intéressant quand on est auteur.

Cécile Chabot : Est-ce qu’il y a un thème commun à ces nouvelles ?

Charlie Bregman : Alors non. Il n’y a pas de thème commun. Ce sont des nouvelles que j’écris quand j’ai l’inspiration. Ça peut être sur n’importe quel thème. Les deux premières sont plutôt assez sombres, la troisième est plus axée sur les rapports de famille, elle s’appelle Une famille sans histoire, c’est une nouvelle qui traite des rapports familiaux, un petit peu compliqués, avec des gens qui ne se parlent pas, etc., avec des secrets de famille, et je ne peux pas aller trop loin car dans la chute, forcément, on trouve un peu tout. Non, il n’y a pas de fil conducteur entre les différentes nouvelles, non. Pour l’instant, je n’ai pas de quoi, en tout cas, en faire un recueil cohérent. Peut-être qu’un jour j’aurais suffisamment de nouvelles pour les trier et en faire un recueil cohérent, mais pour l’instant, non, je fais chaque nouvelle comme ça me vient.

Cécile Chabot : Et donc elles sont publiées de manière indépendante chaque fois que l’une d’entre elles est terminée ?

Charlie Bregman : Voilà. Tout à fait.

Cécile Chabot : Et ça c’est vraiment un des avantages du numérique pour toi, le fait de pouvoir publier des textes hors format traditionnel ?

Charlie Bregman : Oui c’est un gros avantage parce que de manière traditionnelle, je serais obligé d’avoir un recueil cohérent, effectivement, donc en avoir une certaine quantité déjà, et surtout avec un fil conducteur. Parce que, quand un lecteur achète un recueil de dix nouvelles, c’est un peu déstabilisant de passer d’une nouvelle sur un ton et sur un thème particulier, et de changer d’une nouvelle à l’autre. Ce format numérique permet vraiment d’explorer des choses complètement nouvelles, et de ne pas faire attention à ça, voilà. On peut se permettre de publier un texte qui ne fait que vingt ou vingt-cinq pages, ou cinquante pages si on en a envie, pour une nouvelle, ça peut être long, mais pourquoi pas. On n’est pas limité et c’est juste pour le plaisir de ceux qui lisent, c’est tout.

Cécile Chabot : Merci beaucoup Charlie. L’entretien touche à sa fin. Est-ce qu’il y aurait encore quelque chose que tu voudrais ajouter pour nos auditeurs ?

Charlie Bregman : Je sais qu’il y a énormément de gens qui aiment écrire, et parmi ces gens-là, il y en a énormément qui n’osent pas passer à l’acte, c’est-à-dire qui n’osent pas assumer leurs écrits vis-à-vis du regard des autres. Je pense qu’avec tous les outils qu’on a aujourd’hui, avec les blogs et avec le format numérique, avec l’auto-édition, on peut se confronter au regard des autres assez facilement et ça permet vraiment de prendre confiance en soi, et c’est quelque chose évidemment de très important. Donc j’encourage évidemment tous ceux qui nous écoutent à passer à l’action : écrivez ! Voilà.

Cécile Chabot : Eh bien, merci beaucoup pour ce dernier conseil. Vous retrouverez cet entretien sur iTunes, sur SoundCloud également, et aussi sur mon blog cecilechabot.com avec la transcription intégrale et le lien vers les sites de Charlie et ses profils sur les réseaux sociaux. Je vous souhaite une excellente semaine et vous dis à vendredi prochain. Au revoir Charlie.

Charlie Bregman : Cécile, merci beaucoup, au revoir.

 

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