…de son propre livre

Oh, il y a la peur -habituelle- qui vous prend aux tripes lorsque vous vous rendez compte que vous êtes vraiment en train d’écrire un livre, un livre qui sera terminé et publié (le moment exact est encore inconnu, lointain, mais vous savez que cela se fera).

Cette peur, je l’éprouve pour tous mes livres, à un moment ou l’autre. C’est la peur d’être jugée, critiquée, de recevoir des commentaires négatifs, de me dire que “j’écris mal, des choses pas intéressantes”.

C’est la peur que chaque auteur, artiste, doit dépasser.

C’est la peur que Martin Scorsese évoque dans la vidéo ci-dessous.

If you don’t get physically ill when you see your first rough cut something is wrong.”

If the machinery of all seems too big, scary, and overwhelming… Great! You wake up in the morning and do it anyway.

Oui, la machine est lourde, difficile à manipuler. J’ai peur de ne pas réussir à agencer toutes les pièces nécessaires pour créer l’histoire que j’ai en tête. Mais je le fais, morceau par morceau, chaque matin (enfin presque).

Et maintenant, j’en suis au stade où mon premier brouillon est bientôt fini, et je sens cette peur d’être déçue par le résultat qui me prend aux tripes. C’est pour ça le premier brouillon: “the first rough cut”. On est encore très loin du roman poli, prêt à sortir.

Mais je vais gérer.

Je suis déjà passée quatre fois par ces étapes; je passerai bien une cinquième fois au travers du champ de mines.

Par contre, une peur plus neuve, c’est celle qui tourne autour du thème du Prophète des cinq mondes.

La naissance d’une religion (imaginaire, soit), le besoin de croyance religieuse, le mouvement d’adoption en masse, le fanatisme…

Cela a beau se dérouler dans le futur, dans l’espace, c’est un sujet qui peut prêter à fâcher par les temps actuels. C’est un sujet qui n’est pas sans danger. Sans danger de réactions, de critiques.

J’en suis consciente.

C’est d’ailleurs pour ça que je me sens le besoin brûlant de raconter cette histoire-là, celle de Michel Li Jones.

Mais oui, la peur du thème est là.

Et ça, c’est nouveau.

Devoir apprendre à supporter de m’en sentir malade, mais continuer quand même.

 

 

Enseignements de l’expérience

  1. me concentrer sur l’histoire, scène par scène;
  2. me concentrer sur mes personnages: leur donner de la profondeur, des ombres;
  3. me rappeler l’histoire que je veux raconter.

Prophète des Cinq Mondes

Assembler les pièces de la machine… Lourd, effrayant, accablant. Je me suis levée tôt ce matin et m’y suis remise.

 

L’#expérience365 : un an pour changer radicalement activité littéraire, rapport à la douleur, productivité… et publier un article de blog pour documenter le processus. Chaque jour, tous les jours, 365  jours.