[su_accordion][su_spoiler title=”Pourquoi l’auto-édition ? Êtes-vous un de ces écrivains qui, à bout patience face aux rejets des éditeurs, s’est décidé à se lancer seul(e) ?”]

Absolument pas ! En fait, je n’ai jamais envoyé un manuscrit à un éditeur de ma vie. D’ailleurs, pour la version anglaise du Marchand de la mort (The Merchant of Death), c’est un éditeur qui m’a lui contactée pour me dire son intérêt, alors que j’avais moi déjà commencé la traduction.

L’auto-édition était dès le départ une évidence pour moi. Il faut vous dire que j’ai acheté mon premier kindle en 2008 (aux États-Unis) : à l’époque, Amazon étaient le seul sur le marché. La lecture numérique était donc pour moi une évidence depuis longtemps. Amazon.fr a commencé à commercialiser leurs liseuses en octobre 2011… au moment précis où j’ai eu l’idée du Cycle de Xhól et commencé à écrire Le marchand de la mort. J’ai su à ce moment-là, que je le publierais moi-même.

Pour les Nouvelles d’Amérique centrale, j’étais lancée ; j’ai donc décidé de ne pas attendre qu’un éditeur me réponde. Il y a une certaine jouissance, vous savez, à pouvoir sortir un texte rapidement, du moment qu’il est édité. Pourquoi attendre encore six mois, un an ? D’autant plus que je ne me faisais pas d’illusions : rares sont les éditeurs qui voudraient parier sur un recueil de nouvelles. Je n’ai même pas cherché.[/su_spoiler]

[su_spoiler title=”Et si demain un éditeur vous contactait ?”]

J’ai une attitude très pragmatique. Je ne suis pas “anti-éditeur” ou “pro-Amazon” ou “anti-Amazon”… En fait, si un éditeur me contactait, je regarderais simplement ce qu’il me propose pour voir si ça fait sens au point de vue financier par rapport à ce que j’atteins comme résultats par moi-même.

Il y a des avantages et des inconvénients aux deux méthodes : l’auto-édition, c’est le contrôle total sur tout le processus, depuis l’écriture, la sélection de l’éditeur, le travail avec celui-ci, le choix de la couverture, jusqu’à la promotion… et c’est aussi la responsabilité de porter ces tâches.

Travailler avec un éditeur, c’est le voir prendre en charge certaines de celles-ci ; toute la question est de savoir comment et à quelles conditions financières. Une maison d’édition peut avoir une grande valeur : un éditeur (la personne) de grande qualité, des canaux de distribution privilégiés, des opportunités de promotion. Mais je ne me leurre pas ; tout cela ne m’aurait pas été accessible en tant qu’auteur débutant. Maintenant, j’ai prouvé que ce que j’écris plaît à un certain public…

Lorsqu’on m’a contactée pour l’anglais, j’ai réfléchi à ces questions, évalué la proposition qui m’était faite, négocié certains points, sans préjugés. Pourtant, j’admets avoir ressenti à un moment un déchirement, une angoisse, à l’idée de céder mes droits (étrangers) sur un livre. Oui, cela relevait du déchirement. Dans le monde traditionnel de l’édition, c’est là un sentiment qui n’a pas lieu d’être puisque le but de l’auteur est de trouver cet éditeur à qui céder ses droits. J’ai du lutter contre cette émotion qui n’était pas terriblement rationnelle pour me recentrer sur les conditions proposées.

Pour le cycle de Xhól, je fais attention à une question particulière : c’est un cycle ! Qui comprendra seize livres en tout. Je veux donc pouvoir assurer le fait que le cycle sera présenté dans une édition intégrale lorsque le seizième livre sera là.[/su_spoiler]

[su_spoiler title=”Pourquoi des polars historiques ?”]

Parce que j’adore en lire ! Je suis fan d’Ellis Peters, de Robert Van Gulik, d’Arthur Upfield (polar ethnique dans l’Australie du début du XXème siècle, ce qui devient du polar historique pour nous), Anne Perry aussi, Peter Tremayne… C’est un genre qui me plait car il allie mon goût pour une bonne intrigue policière (j’adore Agatha Christie) et ma passion pour l’histoire.[/su_spoiler]

[su_spoiler title=”Comment avez-vous pensé aux mayas ?”]

Je raconte dans le déclencheur comment cette fameuse expédition spéléo au Guatemala de 2004 a éveillé ma curiosité pour la civilisation maya. J’avais déjà à l’époque un premier roman policier en projet ; un premier roman policier qui ne verra jamais le jour (quoique son brouillon soit terminé) car trop mauvais.

Lorsque j’ai eu l’envie en 2001 de débuter une série de romans policiers historiques, la première question qui s’est posée fut “à quelle époque ?”. Quelle était l’époque, la civilisation que je connaissais le mieux ? La réponse à cette question-là a fusé comme une évidence : les mayas. Après, il s’agissait de trouver un cadre plus précis (la civilisation maya s’est déployée sur près de trois mille ans du préclassique à la conquête) et j’ai songé à Dos Pilas, cette petite cité de la fin du classique (VIIème et VIIIème siècle après Jésus-Christ) dont on connaît assez bien l’histoire (en tout cas, la succession de ses souverains).[/su_spoiler] [su_spoiler title=”Et le recueil de nouvelles, c’est tout à fait différent, non ?”]Oui, c’est tout à fait différent, en effet. Certes, le lieu est toujours l’Amérique centrale mais l’Amérique centrale contemporaine.

Nouvelles d’Amérique centrale n’a pas été un projet conçu comme un tout dès le départ. Lors d’un de mes voyages, j’ai commencé à écrire une première nouvelle (Santa Elena) puis une seconde (Tonina). La troisième est venue au retour (San Ignacio). Je me suis alors rendue compte que je “devais” retourner l’année suivante.

Le recueil a crû de manière tout à fait organique. Dix ans se sont écoulés entre la première nouvelle et la parution du recueil. J’aime les nouvelles ; j’aime en lire, j’aime en écrire.  En tant qu’écrivain, je trouve que pratiquer la nouvelle est un formidable moyen de réfléchir sur mon écriture, de tester certaines choses ; des choses que je vois par la suite réapparaître dans mes romans.[/su_spoiler]

[su_spoiler title=”Vos projets dans les prochains mois ?”]

Tout d’abord, je veux lancer un podcast hebdomadaire Pourquoi j’écris. Il s’agira d’un entretien d’une dizaine de minutes où, chaque semaine, un écrivain différent explique ses propres raisons qui l’ont poussé à l’écriture. C’est une question qui m’a fascinée en tant que lectrice, qui me fascine en tant qu’auteur. Il sera curieux de voir si, au fil du temps, des thèmes communs émergent. Les premiers épisodes seront disponibles en octobre 2014.

Le second gros projet, c’est de voir The Merchant of Death lancé aux États-Unis et en Angleterre : c’est pour février/mars 2015.

Côté écriture, je veux rédiger le livre 3 du cycle de Xhól. L’une ou l’autre nouvelle explorant son univers, aussi. Et j’ai maintenant une idée de roman contemporain qui me trotte par la tête, un roman européen… Mitteleuropa est son nom de code. Mais ça, c’est encore très flou.[/su_spoiler][/su_accordion]